Les Affaires

Mes affaires, samedi 25 septembre 2004, p. 77

Mes fonds communs

Irwin Michael lance un fonds fermé de titres d'aubaine

Le gestionnaire aimerait recueillir 100 M$ auprès des investisseurs institutionnels et individuels

Beauchamp, Dominique

Le gestionnaire des Fonds ABC, Irwin Michael, lance un fonds, à capital fermé, pour la première fois en huit ans. 

Le gestionnaire, reconnu surtout pour sa quête de titres sous-évalués et en défaveur, aimerait recueillir 100 M$ auprès d'investisseurs institutionnels et individuels qui partagent l'approche patiente et l'horizon à long terme auquel adhérera son Fonds ABC North American Deep Value.

Fidèle à l'indépendance d'esprit qui anime ses affaires et son style de gestion, le Fonds ABC North America de M. Michael se distinguera d'autres fonds fermés de plusieurs façons. Son nouveau fonds exige un investissement minimum de 250 000 $. Il s'adresse aux investisseurs avertis, ayant un actif financier familial d'au moins 1 M$, entre autres.

M. Michael restreint ainsi les ressources que lui et sa petite équipe de cinq personnes doivent consacrer à l'administration des comptes.

En affaires depuis 16 ans et demi, M. Michael a accumulé un actif sous gestion de 565 M$, en vendant ses fonds sans commission de vente directement au public.

Un marché virtuel

En outre, contrairement aux autres fonds fermés, le nouveau fonds ne s'échangera pas en Bourse. M. Michael souhaite ainsi à réduire au minimum les frais du fonds, tout en dissuadant les porteurs d'unités de négocier le fonds ou de se déplacer des fonds ouverts aux fonds fermés ABC.

La firme de gestion de M. Michael créera un marché virtuel où elle appariera à la fin de chaque mois les acheteurs et les vendeurs d'unités du fonds. Le nouvel acheteur devra investir un minimum de 50 000 $. C'est donc dire que ce fonds sera beaucoup moins négociable que les autres fonds fermés et qu'il s'échangera à la valeur d'actif nette établie par le fiduciaire Royal Trust.

De plus, une fois par année, selon certaines restrictions, le fonds permettra à ses porteurs de demander le rachat de leurs unités, à leur valeur d'actif nette.

Des frais de 1 %

Autres distinctions, le fonds prélèvera des frais de gestion modestes de 1 % de l'actif et comportera aussi une prime à la performance. La société de gestion recevra 20 % de tout rendement supérieur à 10 %.

Comme il l'a fait par le passé pour ses trois autres fonds traditionnels, M. Michael fournit personnellement un capital de départ, de 1 M$ pour cette fois, au nouveau fonds.

Les gestionnaires de portefeuille aiment la structure des fonds à capital fermé puisqu'ils n'ont pas à se préoccuper des rentrées et des sorties d'argent des porteurs d'unités. Un fonds à capital fermé émet des unités seulement à son lancement. Cela donne toute la latitude voulue au gestionnaire pour exploiter au maximum la stratégie de gestion qui lui est propre.

M. Michael entend utiliser cette flexibilité accrue pour consacrer environ 25 % de son portefeuille à des titres de sociétés ouvertes à faible capitalisation, de 50 à 100 M$.

Leur faible négociabilité ne se prête pas à ses autres fonds, mais c'est ce qui leur confère leur potentiel de gain car Bay Street les boude, dit M. Michael.

Le fonds pourra aussi acheter des débentures convertibles et des fiducies de revenu déprimées. Le fonds nord-américain devrait compter de 30 à 40 placements en portefeuille, choisis en partie parmi les meilleures aubaines de ses trois autres fonds.